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[2012] Le mot du Maire

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  • Un moment charnière de Séoul pour un avenir durable

  • SMG 1033
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    Allocution lors du déjeuner à la réunion du WBCSD 2012 à Séoul

    Date : 31 octobre 2012
    Lieu : Sapphire Room de l’Hôtel Lotte

    Mesdames et Messieurs les représentants coréens et étrangers conviés à la réunion du WBCSD 2012 à Séoul, c’est avec grand plaisir que je vous accueille aujourd’hui.

    Je suis très heureux d’organiser la réunion du Conseil mondial pour le développement durable à Séoul, où les 200 principales entreprises du monde sont réunies pour discuter des solutions possibles pour le développement durable. Je vous souhaite la bienvenue à vous tous, qui avez accepté l’invitation à prendre part à la réunion à Séoul, en tant que partenaires importants pour la rénovation sociale.

    En juin dernier, « L’avenir auquel nous aspirons » a été adopté comme texte final lors de la Conférence « Rio+20 ». Cela nous donne une chance de plus. En fait, l’environnement a suscité beaucoup de discussion dans les années 90, mais on n’a pas poursuivi la discussion au 21e siècle à cause d’autres enjeux tels que les politiques et l’économie. En l’espace des 20 dernières années, l’environnement mondial a continué à se détériorer dangereusement, ce qui menace non seulement les humains mais également toutes les espèces vivantes.

    C’est pour cela que Stéphane Hessel, l’auteur d’« Indignez-vous ! » a proposé un nouveau point de vue dans son livre « Engagez-vous ! ». D’après lui, « un avenir durable » est aussi un point de vue anthropocentrique, et nous devons nous poser la question « La planète est-elle vraiment durable ? », avant qu’il ne soit trop tard, pour examiner tous les enjeux politiques et économiques et pour que chacun puisse planifier sa propre vie.

    Bien entendu, il est peu important que vous soyez ou non entièrement d’accord avec lui. Ce que nous devons garder à l’esprit, c’est que les problèmes environnementaux menacent la prospérité des générations actuelles et futures.

    L’été dernier, Séoul a été frappé par les anomalies climatiques qui menacent la durabilité de la planète. Le taux de précipitation était de 113 mm/h. Séoul fut alors inondée et des glissements de terrain ont causé plusieurs victimes. Nous sommes tous responsables de ces anomalies et d’une telle tragédie.

    Le taux d’autosuffisance électrique de Séoul est seulement de 2,8%, tandis que 10 millions d’habitants de Séoul consomment 1700 tonnes d’équivalent pétrole (tep). Cela porte atteinte à la justice et à la démocratie énergétique. En plus, la production de l’énergie renouvelable est minime, soit 1,5% seulement de l’énergie produite.

    C’est un moment charnière pour Séoul, qui se tourne vers les énergies propres. Séoul ne sera plus simplement une ville consommatrice d’énergie, elle assurera désormais son indépendance énergétique de manière durable.

    C’est dans ce contexte que la Ville de Séoul a déclaré en avril dernier le « Plan de suppression d’une centrale nucléaire » qui vise à économiser 2 millions de tonnes d’équivalent pétrole (tep) d’électricité produite dans la plus grande centrale de Corée. Pour ce faire, nous prévoyons d’améliorer l’efficacité énergétique et d’accroître la production de l’énergie renouvelable afin d’augmenter l’autosuffisance électrique de Séoul à 8% d’ici 2014 et à 20% d’ici 2020.

    Le succès de ce projet ne peut pas être seulement garanti par les efforts de la municipalité de Séoul. Je souhaite avoir votre avis à ce sujet. La Ville de Séoul fera de son mieux pour réaliser le « développement durable » ainsi qu’un « avenir durable » pour tous.

    Les citoyens de Séoul apportent aussi une contribution significative. Plusieurs ONG et entreprises participent au projet de manière diverse et créative.

    Notamment, les entreprises jouent un rôle central. Beaucoup d’entre elles se sont engagées à réaliser des investissements dans le secteur de l’énergie renouvelable qui exige des dépenses importantes. Elles prennent également part aux économies d’énergie en augmentant l’efficacité énergétique des grands bâtiments. La gouvernance énergétique se réalise à Séoul.

    Depuis l’introduction de la notion de « responsabilité sociétale des entreprises » en 1992, plusieurs entreprises ont appliqué la gestion environnementale. Aujourd’hui, la plupart d’entre elles la considèrent comme un élément indispensable de la gestion stratégique.

    C’est une tendance mondiale. Alors que dans le passé la protection de l’environnement et l’exploitation des ressources étaient les affaires de l’État et du secteur public, de plus en plus d’entreprises d’échelle mondiale prennent aujourd’hui en charge ces sujets. Les bénéfices des entreprises ne sont plus opposés à la protection de l’environnement ni aux réponses face aux changements climatiques. En effet, les entreprises pourront faire d’une pierre deux coups en mettant à profit des idées novatrices permettant en même temps d’améliorer leur compétitivité et de soutenir les causes sociétales et environnementales.

    Des entreprises ont d’ores et déjà réagi aux problèmes environnementaux en déployant des efforts différenciés pour améliorer l’espace urbain. Le parc éolien « London Array », un cas représentatif de réseau de production énergétique, pourra distribuer de l’énergie à 480 000 foyers anglais. Il existe également des cas de villes intelligentes qui associent la durabilité et les services des technologies de l’information pour réduire les frais et la consommation d’énergie et améliorer le système de gestion des eaux.

    Il est nécessaire de s’inspirer des entreprises qui ont su réduire leurs coûts tout en générant des valeurs sociales et économiques fondées sur les valeurs environnementales. Il existe de nombreux cas, par exemple l’approvisionnement de piles solaires aux pays en voie de développement pour la promotion du droit relatif aux énergies, des produits d’assurance et des services élaborés liés aux risques du changement climatique.

    Un nouveau modèle commercial est né du mariage de la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises et de la poursuite du profit. Il est venu le temps d’une nouvelle révolution industrielle.

    J’espère que la présente réunion suscitera l’échange de bonnes pratiques qui serviront de source d’inspiration aux entreprises à Séoul.

    Le 19 octobre dernier, le bureau régional pour l’Asie de l’Est de l’ICLEI, l’organisation mondiale des gouvernements locaux pour la durabilité qui compte 1 200 membres de 84 pays, a été lancé officiellement. Lors de la réunion conjointe tenue par le GexCom (Comité exécutif mondial) et le CMMCC (Conseil mondial des maires sur le changement climatique), la Ville de Séoul a fait la « Déclaration de la mairie de Séoul sur l’énergie et le climat de 2012 », visant à la réduction de l’usage des combustibles fossiles et de l’énergie nucléaire.

    Nous souhaitons profiter de cette occasion pour renforcer le réseau des villes ainsi que le partenariat avec le secteur privé dans l’élaboration des politiques de développement durable. C’est ainsi que nous nous préparons à la conversion énergétique pour un avenir durable.

    J’espère qu’un nouveau modèle de coopération entre les villes et les entreprises pour le développement durable sera élaboré lors de la présente réunion du WBCSD à Séoul, et que de nombreuses entreprises y participeront activement. Nous pourrons ainsi rassembler la sagesse de tous les participants.

    Je vous remercie une nouvelle fois de votre participation. Merci.