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[2012] Le mot du Maire

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  • La Ville de Séoul met ses citoyens au-dessus de tout

  • SMG 1023
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    Déclaration des normes de bien-être de Séoul

    Date : 22 octobre 2012
    Lieu : Salle de presse à la Mairie de Séoul

    Monsieur Kim Myeong-su le président du conseil municipal de Séoul, Monsieur le professeur Kim Yeon-myeong, qui n’est malheureusement pas parmi nous aujourd’hui, Mesdames, Messieurs les membres du comité de promotion pour les normes de bien-être, je vous remercie pour votre contribution très précieuse tout au long de la procédure. Je tiens à présenter aujourd’hui les normes de bien-être de Séoul que les experts, les fonctionnaires et les citoyens ont aidé à mettre en place pendant les neuf derniers mois.

    Quelques jours après mon entrée en fonction en tant que maire de Séoul, j’ai reçu une lettre d’un citoyen. C’était une personne handicapée bénéficiant des allocations de sécurité sociale. Elle s’est plainte en disant que le montant des allocations a diminué à cause de l’augmentation des revenus de sa fille avec qui elle a pourtant perdu tout contact depuis longtemps. Je me suis dit qu’il y a sûrement un problème dans le système de protection sociale. En plus, j’ai appris que le nombre de personnes qui ne peuvent pas recevoir les allocations dépasse celui de ceux qui en bénéficient actuellement. Alors, j’ai décidé de mettre en œuvre dans les meilleurs délais possible les normes de bien-être que j’avais promises durant ma campagne électorale.

    La Corée a fait beaucoup de progrès. Elle s’est même hissée au rang de la 15e puissance économique mondiale.

    Mais où en sommes-nous en ce qui concerne la qualité de vie ? Parmi les États membres de l’OCDE, la Corée occupe la première place en matière de taux de pauvreté chez les personnes âgées, de faiblesse du taux de natalité et de taux de mortalité par suicide. C’est très embarrassant. Ceci est dû au fait que nous nous sommes concentrés sur les investissements dans le développement au dépit de l’amélioration des conditions de vie.

    La vie est encore plus difficile à Séoul en raison d’un niveau de vie plus élevé que dans d’autres régions. Les logements et les loyers y sont plus de deux fois plus chers et l’éducation y est coûteuse. L’indemnité minimale de subsistance est fixée selon le niveau de vie dans les villes de petite et moyenne taille. Il existe aussi un grand fossé entre les différents arrondissements de la Ville de Séoul.

    Le plus grand problème est la détérioration de la vie des citoyens de Séoul, en particulier l’effondrement de la classe moyenne et l’augmentation de la classe défavorisée.

    Voilà pourquoi nous avons besoin des normes de bien-être de Séoul, elles nous permettront d’établir des critères adaptés aux caractéristiques de la capitale et de renforcer les investissements dans le bien-être des citoyens. Tokyo a déjà mis en place des normes de bien-être intitulées « Civil Minimum » dans les années 1960 et London dispose d’un « London Plan » pour l’amélioration des conditions de vie.

    Pour élaborer ces normes, puisqu’il s’agit de la vie des citoyens, il est primordial de parvenir à un consensus public. À cette fin, nous avons constitué un comité de promotion composé d’experts et de représentants des citoyens afin de prendre des décisions importantes, comme notamment l’établissement des lignes directrices. Des experts de plusieurs domaines ont vérifié d’anciennes études et des fonctionnaires ont étudié la faisabilité des mesures. Des citoyens ont également exprimé leur avis à travers différents canaux comme les forums politiques, les tables rondes à 1 000 participants et le Groupe d’échos pour le bien-être de Séoul.

    Un avant-projet des normes a été rédigé en février par un groupe d’experts et présenté en avril lors des forums politiques et des tables rondes à 1 000 participants, dans lesquels les citoyens ont partagé leurs points de vue. Après l’examen budgétaire, les normes sont finalement dévoilées au public aujourd’hui, après neuf mois d’étude.

    Les normes de bien-être de Séoul sont composées de critères déterminant l’indemnité minimale de subsistance et de 102 projets. Elles serviront de guide pour le bien-être des citoyens dans cinq domaines influant sur leur vie quotidienne : les revenus, le logement, les soins, la santé et l’éducation.

    Je voudrais vous expliquer en détail les critères et les projets dans chaque domaine.

    Le premier volet concerne les revenus. Nous avons établi des normes minimales pour faire en sorte que « l’indemnité minimale de subsistance » soit garantie à chaque foyer. Nous avons fixé des normes appropriées pour faire en sorte que les revenus de chaque citoyen soient au-dessus du seuil international de pauvreté fixé à 50% du revenu médian.

    Pour mettre en œuvre ces normes, la Ville de Séoul entamera divers projets. Nous adopterons un régime municipal de sécurité des moyens de subsistance et assouplirons les exigences relatives aux revenus, aux biens et aux personnes ayant l’obligation légale de subvenir aux besoins du bénéficiaire du régime. Nous aiderons 190 000 personnes relevant de la classe défavorisée en leur fournissant la moitié de l’indemnité de subsistance destinée aux bénéficiaires du régime municipal de sécurité des moyens de subsistance, ainsi qu’une éducation, une prime d’allocation pour leurs enfants et une aide pour les frais funéraires. L’année prochaine, nous investirons 41 milliards de wons de budget dans ces projets. Nous promettons plus d’emplois et une meilleure protection sociale. En effet, d’ici 2018, nous aiderons 6 000 personnes vivant avec un revenu inférieur au coût minimum de la vie à joindre le programme de travail obligatoire, nous créerons 25 000 emplois pour les jeunes, 27 000 emplois pour les femmes et 100 000 emplois pour les personnes âgées. Les personnes qui n’ont pas de revenu et qui n’ont pas droit à l’aide de l’État en raison des revenus de leur fils pourront désormais toucher une indemnité mensuelle de subsistance.

    La préoccupation majeure des citoyens de Séoul reste le problème du logement. Les 20% les plus défavorisés des habitants de Séoul dépensent 41,9% de leurs revenus pour payer leur loyer. Cela implique qu’ils vivent avec la moitié de leurs revenus. C’est pour cela que nous avons établi des normes minimales pour faire en sorte que « les loyers ne dépassent pas 30% des revenus et que l’état du logement corresponde aux normes minimales de logement ». En outre, nous avons fixé des normes appropriées pour faire en sorte que « les loyers ne dépassent pas 25% des revenus et que la taille de logement soit de plus de 54㎡ pour un foyer de quatre membres ». D’ici 2020, nous « élargirons le marché du logement de 10% en fournissant davantage de logements locatifs publics » et réduirons les loyers qui pèsent sur la classe à faible revenu en soutenant leur rémunération par le biais d’allocations pour le logement. À partir de 2014, nous fournirons 300 logements chaque année pour les personnes âgées et handicapées en augmentation rapide pour atteindre 1 500 logements d’ici 2018. Je souhaite que tous nos voisins qui ont supporté le froid chaque hiver dans un appartement au sous-sol pour économiser sur le loyer et le chauffage puissent désormais passer un hiver au chaud.

    La Corée a le taux de natalité le plus faible parmi les États membres de l’OCDE. Séoul est même la ville avec le taux de natalité le plus bas de Corée.

    Pourquoi les Coréens ne veulent-ils pas d’enfant ? La réponse est simple : ils n’ont pas d’environnement favorable à la garde des enfants. Seulement 10,8% des crèches de Séoul sont publiques et pour y envoyer leurs enfants, les parents doivent attendre 1 à 3 ans après avoir fait une demande. En plus, beaucoup de personnes âgées et handicapées n’ont pas accès aux soins.

    Nous avons donc établi des normes minimales pour faire en sorte que « les frais de soins soient inférieurs à 10% des revenus » et des normes appropriées pour que « des services de soins soient disponibles pour chaque citoyen à moins de 10 minutes de chez eux ». Pour mettre en œuvre ces normes, nous construirons plus de deux crèches publiques dans chaque quartier. Nous collaborerons avec chaque arrondissement pour que le loyer couvre moins de 50% du coût total de la crèche et nous améliorerons la quantité et la qualité des services de garde d’enfants. Nous financerons l’assurance de soins prolongés ainsi que les soins aux seniors pour les personnes âgées vivant avec un revenu inférieur au coût minimum de la vie et qui n’ont pas droit à l’aide de l’État. Nous offrirons des services d’assistance personnelle supplémentaires aux personnes handicapées de premier et deuxième degrés qui ne se sont pas qualifiées pour les mêmes services fournis par l’État. J’espère que ces personnes pourront désormais se déplacer plus librement pour assister par exemple à une pièce théâtre qu’elles souhaitent voir à Daehangno.

    En outre, 18,1% des habitants de Séoul doivent renoncer aux services médicaux pour des raisons économiques et l’écart ne cesse de s’approfondir entre les différentes régions. Nous avons donc établi des normes minimales pour faire en sorte que chaque citoyen ait accès aux services médicaux essentiels, et nous avons créé des normes appropriées pour améliorer l’état de santé des citoyens tout en comblant l’écart régional.

    Pour ce faire, nous ferons en sorte que les centres de santé soient à moins de 10 minutes de chaque citoyen et nous mettrons en place progressivement des services médicaux pour tous. Pour les patients qui n’ont pas de famille pour s’occuper d’eux, nous désignerons le Centre médical de Séoul comme l’hôpital central pour les services gratuits d’assistance d’infirmières. Nous mettrons en service 100 centres de soins de santé ouverts 24/24. J’ai entendu par exemple qu’une mère de jumeaux de 3 ans a beaucoup de peine à aller aux urgences chaque fois qu’un des enfants tombe malade, car c’est trop loin de chez elle. En établissant davantage de centres ouverts 24/24, je souhaite alléger ses difficultés.

    Le principe de la gratuité de l’enseignement au cours de la scolarité obligatoire est quant à lui prévu dans la Constitution. Beaucoup d’enfants renoncent toutefois à leur éducation pour des raisons économiques même pendant leurs années de scolarité obligatoire. Pire encore, un fossé éducatif existe même au sein de la Ville de Séoul. Nous avons donc établi des normes minimales pour faire en sorte que chaque citoyen jouisse du droit à l’éducation et à cette fin, la Ville de Séoul allégera leur charge financière. Nous avons également fixé des normes appropriées pour que davantage d’adultes aient accès à l’éducation permanente.

    Les normes en matière d’éducation sont déterminées par le Bureau de l’éducation. Nous avons donc collaboré avec le Bureau de l’éducation de Séoul dans l’élaboration de ces normes et nous penserons à ses intérêts dans leur application. Nous continuerons également d’essayer d’obtenir la coopération du gouvernement central. Nous commencerons par baisser progressivement les frais supplémentaires des études sur le terrain et du matériel scolaire. Ensuite, nous rendrons les repas scolaires gratuits dans toutes les écoles primaires et secondaires d’ici 2014.

    J’ai déjà entendu une mère d’un élève de 4e année primaire s’inquiéter de la qualité des repas à l’école, mais le matériel scolaire entraîne aussi des coûts supplémentaires. Dans le cadre du projet de gratuité des repas dans les écoles primaires et secondaires, nous financerons donc le coût du repas, mais aussi du matériel scolaire d’ici l’année prochaine.

    Bien entendu, la faisabilité des normes et des projets dans ces cinq domaines dépendent du budget. Comme vous le savez tous, Séoul a un budget limité, mais il faut faire ce qui est nécessaire. Nous désignerons les projets les plus urgents et importants comme prioritaires. Si leur efficacité reste incertaine, nous les classifierons alors comme projets pilotes. Nous limiterons l’augmentation du budget pour accroître d’année en année les investissements dans la protection sociale jusqu’à 2018. L’année prochaine, 1 621 milliards de wons sont prévus pour les 102 projets des normes de bien-être. Si l’on y rajoute les fonds du Bureau de l’éducation de Séoul estimés à 358 milliards de wons, cela reviendra à 2 737 milliards de wons, soit une augmentation de 791 milliards de wons par rapport à l’année 2012. Le budget consacré actuellement à la protection sociale s’élève à 26%. Nous l’augmenterons jusqu’à 30% en 2014 afin de mettre en œuvre les normes de bien-être de Séoul.

    Cependant, la Ville de Séoul ne pourra pas le faire seule. Une révision des lois et un financement sont nécessaires de la part de l’État. En effet, en ce qui concerne les revenus, même si la Ville de Séoul met en place une indemnité minimale de subsistance, il faut que l’État révise la loi relative au régime national de sécurité des moyens de subsistance. Pour fournir davantage de petits logements moins coûteux, il faut assouplir les exigences relatives à la taille des logements dans les règles du logement et de la construction. Le système de santé doit également être réformé par le gouvernement central pour améliorer les centres publics de soins de santé et assurer un meilleur traitement des travailleurs. Il faut appliquer un système de quotas afin de combler les besoins en main-d’œuvre dans le domaine de la santé. Le gouvernement central devra prendre les mesures nécessaires afin de rendre l’éducation encore plus gratuite et employer davantage de professeurs pour diminuer le nombre d’élèves par classe. Il faut accorder des subventions en fonction de la ville, ce qui reste encore actuellement l’obstacle principal de ce projet.

    Certains disent que l’économie est trop faible pour que l’on parle de développer les prestations sociales. Accroître le bien-être, c’est pourtant investir dans notre avenir. Selon plusieurs experts, l’augmentation des dépenses publiques peut créer des emplois, augmenter les revenus et la consommation pour contribuer finalement deux fois plus à la croissance économique que les projets de développement. Les normes de bien-être de Séoul aboutiront à la création de plus de 170 000 emplois d’ici 2018, ce qui permettra dans le cadre du régime national de sécurité des moyens de subsistance de Séoul d’accroître les revenus des jeunes, des personnes âgées, des femmes et de la classe défavorisée. De plus, l’augmentation de la consommation de la classe à faible revenu et la réduction des frais médicaux apporteront une contribution importante à la croissance économique de Séoul à long terme.

    Les normes de bien-être de Séoul ont été établies par un consensus public et constituent les premières normes du genre dans l’ensemble du pays. Les mesures de Séoul seront désormais axées sur le bien-être de ses citoyens plutôt que sur le développement. Chacun aura le droit à une qualité de vie décente. J’espère que ces normes pourront servir de moteur pour améliorer les conditions de vie de l’ensemble de la population.

    Mesdames et Messieurs les membres du comité de promotion, chères citoyennes et chers citoyens de Séoul, je vous remercie une nouvelle fois pour la contribution considérable que vous avez apportée à la mise en place des normes de bien-être de Séoul. Merci pour votre présence ici aujourd’hui.